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Just Jaeckin


De Just Jaeckin, le grand public semble s'obstiner à ne retenir que son film « Emmanuelle », certes un des plus gros succès de l’histoire du box-office français, mais un succès qui lui fut, de son propre aveu, assez préjudiciable, toutes ses tentatives ultérieures dans le domaine du cinéma ayant été accueillies avec beaucoup de scepticisme, voire de l'hostilité. C'est oublier un peu facilement qu'avant de se lancer dans la mise en scène, il comptait parmi les photographes et réalisateurs publicitaires les plus réputés sur la place de Paris et qu'il excellait réellement dans ce qu'il faisait, ce qui est heureusement toujours le cas aujourd'hui ! En toute simplicité, il a accepté une rencontre, qui aura lieu à Saint-Germain-des-Prés (19, rue Guéguenaud), dans la galerie d'Art qu'il dirige avec sa femme Anne et où il expose peintures et sculptures. Non loin, on remarque en format géant un de ses clichés de Serge Gainsbourg et Jane Birkin, réalisé en noir et blanc, peut-être un des plus célèbres qui les aient immortalisés ensemble et qu'il nous dira avoir pris lors de leur travail commun sur le film « Madame Claude », dont Gainsbourg avait composé la musique. Lors de l'entretien, on constatera qu'il a beaucoup mieux connu Gainsbourg qu'on pouvait le croire, qu'il a sur lui des vues assez lumineuses et que ce n'était donc pas une mauvaise idée d'aller lui parler, d'autant qu'au fur et à mesure, il se montrera de plus en plus ému en évoquant son ami.

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Renaud Verley

La première chose qu’on remarque au téléphone en parlant à Renaud Verley, c’est qu’il a exactement la même voix que dans les films où il a joué il y a plus de quarante ans, une voix incroyablement juvénile, avec peut-être une légère pointe d’accent du Nord (il est né à Lille). Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en 1969, à vingt-trois ans, il était très brun, qu’il bronzait facilement, et qu’il était vraiment beau gosse. En plus, comme il ne jouait pas trop mal la comédie, il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’il ait droit à un rôle-vedette au cinéma, celui d’un étudiant soixante-huitard désabusé (nommé Olivier) dans « Les chemins de Katmandou » d’André Cayatte, où le couple Serge Gainsbourg-Jane Birkin faisait partie de la distribution. Depuis des années, Renaud Verley mène la vie qu’il a choisi : marié, père et grand-père, il peint, il écrit, fait du bateau, de l’ULM et a restauré plusieurs maisons et s’il ne fait plus

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RICHARD LEDUC

A 68 ans, Richard Leduc affiche un dynamisme et un maintien que lui envieraient bien des hommes autrement plus jeunes que lui. S’il a consacré l’essentiel de ses talents de comédien au théâtre, il est aussi apparu au cinéma, notamment chez Alain Robbe-Grillet (« L’Eden et après ») et dans des séries télévisées-culte comme « Mauregard ». Plutôt du genre « électron libre », il a même eu assez d’audace pour tout larguer un beau jour à la fin des années 70 et s’établir pendant cinq ans comme menuisier en Californie ! Plus récemment, on a revu son nom à l’affiche à Paris, puisqu’il a écrit une comédie musicale avec son grand copain Boris Bergman, « La nuit du rat ». En 1968, il a donné la réplique à Serge Gainsbourg dans le long-métrage « Paris n’existe pas » et en 1974, il a joué avec Jane Birkin dans « Sérieux comme le plaisir », film où Gainsbourg avait aussi un rôle, mais cette fois-ci très secondaire. Il semblait donc plus que logique d’aller à sa rencontre et de recueillir son témoignage, qui est d’autant plus important que de l’expérience « Paris n’existe pas », Richard est en fait le seul protagoniste qui soit encore de ce monde. En même temps, cet entretien était l’occasion de rendre un hommage au réalisateur des deux films en question, Robert Benayoun, que Richard Leduc a très bien connu. Décédé en 1996, à l’âge de soixante-dix ans, Robert Benayoun a été pendant près de trente ans un des critiques de cinéma les plus influents en France, l’auteur de plusieurs ouvrages importants sur le Septième Art (à propos de Jerry Lewis et de Woody Allen, entre autres) et Serge Gainsbourg comptait parmi ses admirateurs déclarés, au point d’accepter de tourner pour lui dans son premier film et d’en faire la musique.

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Pierre Willemin


 
Rien moins que le caméraman du réalisateur Yves Lefebvre, qui officia (en noir et blanc) à Londres, sur le tournage de la mythique séance d'enregistrement d'« Initials BB », « Bloody Jack », « Ford Mustang » et « Black And White » en avril 1968 !
C'est en 1994 que les fans ont pu découvrir le film que Lefebvre avait réalisé avec lui autour de Gainsbourg, « Essai sur la naissance d'une chanson – Initials BB » - entre temps, Pierre Willemin avait déjà accompli une longue carrière de réalisateur de films d'entreprise et publicitaires. Durant notre visite, on ne résiste pas au plaisir de lui faire redécouvrir les chansons sur CD et le film sur DVD, film qu'il n'avait revu jusqu'alors qu'une seule fois en quarante ans... Et le plaisir était, semble-t-il, partagé.

On sait comment Gainsbourg avait fait la connaissance d'Yves Lefebvre (sur un tournage de film), mais vous, comment aviez-vous connu Yves Lefebvre ?
Je ne sais plus, je crois que c'était par un copain réalisateur de pubs... Yves Lefebvre était un excellent comédien, qui avait des velléités de réaliser, mais quand il m'a appelé pour ce tournage, on se connaissait assez peu... Il me semble qu'il venait d'une famille aisée, c'était plutôt un garçon bien élevé, qui me faisait l'impression d'un aristocrate... On a fait un autre film ensemble quelques mois après ce documentaire sur Gainsbourg, et puis, on s'est perdus de vue.

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Jacques Espagne



Jacques Espagne, a « dirigé » Serge Gainsbourg comme acteur dans « Noël à Vaugirard », petite fiction en noir et blanc sans prétention mais tout à fait rafraîchissante (même après plus de quarante ans), qui avait été réalisée dans le cadre de l'émission-culte « Dim, Dam, Dom », une production de Daisy de Galard. Diffusé le 23 décembre 1966 par l'ORTF, « Noël à Vaugirard » (qui comprenait dans sa distribution de nombreuses vedettes de l'époque) avait même été consacré en son temps « première nativité beatnik » ! Tout cela méritait bien un petit flashback sur TdC...


En regardant « Noël à Vaugirard », on ne peut pas s'empêcher de se dire que vous avez dû pas mal vous amuser, sur le tournage...

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Michel Gaudry


Même s'il n'a côtoyé Serge Gainsbourg que durant une période assez limitée de sa (longue) carrière, le contrebassiste Michel Gaudry reste étroitement associé à quelques-unes de ses plus grandes chansons, en l'occurrence celles de l'album « Confidentiel », chef-d'oeuvre absolu et impérissable où lui et Elec Bacsik, guitariste mythique (de la trempe d'un Django Reinhardt, ni plus, ni moins) firent merveille. Ensemble, ils accompagnèrent aussi Gainsbourg sur la scène du théâtre des Capucines, quand le chanteur alla y défendre, tant bien que mal, certaines de ces chansons et Michel Gaudry fut même à nouveau de l’aventure quelques mois plus tard pour « Gainsbourg Percussions ». Hommage à un trio magique et éternel...

 
A quand remonte votre rencontre avec Gainsbourg ?
Je crois que c’était en 1963 : je travaillais alors au Mars Club, où je jouais au sein de l’Art Simmons Trio, avec plusieurs guitaristes, dont le dernier fut Elec Bacsik. Ca se passait en fait vers la fin du Mars Club, puisqu'il a fermé peu après. C'était un endroit extraordinaire, plus intime que le Blue Note, où on pouvait voir toutes les célébrités, comme Duke Ellington ou Oscar Peterson, qui s’y rendaient après leurs concerts, ou Bardot, quand elle était fiancée avec Sacha Distel…

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Serge Barthélemy


Serge Barthélemy et son épouse Francine (artiste-peintre sous le nom de Francine Serrer) forment un couple accueillant et sympathique, qui coule des jours paisibles dans la région parisienne. Né en 1929, cet ancien haut fonctionnaire du Ministère de l'Economie et des Finances s'amuse de recevoir à nouveau un visiteur qui lui demande de lui parler de Serge Gainsbourg (« On dirait que j'ai passé ma vie à écrire pour lui ! »), ceci alors qu'il n'a contribué que très brièvement à son oeuvre avec le texte du féroce « Ronsard 58 », enregistré pour le premier album de Gainsbourg « Du chant à la Une! » un demi-siècle auparavant. Ceci se passait à l'époque même de leur mariage. Quand commence l'entretien, la chanson (une des toutes premières dans la carrière de Gainsbourg) passe sur la stéréo de leur salon.


C’est très misogyne, tout de même, comme texte. Etiez-vous alors misogyne, monsieur Barthélemy ?
Serge Barthélemy : Oh non ! J'étais misogyne, moi, Francine ? Non, j’étais jeune marié, et pas misogyne du tout. En fait, j’ai écrit ce texte par amusement, avant de connaître Gainsbourg, pas du tout dans l’intention de le lui faire chanter. J'avais en tête le thème musical d'une chanson à succès de l'époque, « La chanson de Margaret », de Germaine Montero, qui disait : « C'est à Tampico qu'au fond d'une impasse / J'ai trouvé un sens à ma destinée » et j'ai écrit sur le rythme de cette chanson « Ronsard 58 » : « Tant qu't'auras, ma belle / De chouettes avantages », etc.

http://www.chambre-claire.com/PAROLES/chanson-de-margaret.htm

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Willy Kurant



S'il y a bien eu une constante dans la carrière d'un artiste comme Serge Gainsbourg, c'est qu'il a toujours su s'entourer d'autres artistes, de gens en tout cas très talentueux, que ce soit pour écrire et enregistrer des chansons que pour réaliser des films, qu'ils soient faits pour le cinéma ou la télévision, de long métrage, de court métrage, publicitaires ou simples clips. Natif de Belgique, le fort sympathique Willy Kurant (considéré depuis ses débuts comme un des chef-opérateurs les plus doués de sa génération) a été notamment reporter caméraman pour l'émission mythique « Cinq colonnes à la Une » et collaborateur attitré du réalisateur suisse Pierre Koralnik avant de devenir un des atouts majeurs du Gainsbourg cinéaste. Rencontre privilégiée avec un surdoué de la pellicule, dont le sens aigu de l'esthétisme rejoignait en tous points celui de Gainsbourg, et qui a beaucoup apporté à ses films.
Connaissiez-vous Gainsbourg et son oeuvre avant de travailler avec lui ?
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Pierre Desfons


Il y a parfois des jours pleins de surprises et celui d'une rencontre avec le réalisateur de télévision Pierre Desfons est de ceux-là. Ancien camarade de promotion à l'IDHEC d'autres barons du petit écran comme Pierre Koralnik et Jean-Pierre Spiero, il a à son palmarès quelques-uns des moments de télévision française les plus mémorables, ayant notamment travaillé sur « Tilt Magazine » et « Droit de réponse » et sur de très nombreux documentaires - résumer sa carrière serait presque impossible... Le regard bleu horizon, le cheveu blanc et le sourire toujours sincère, l'homme qui a fait avec Gainsbourg il y a plus de vingt-cinq ans l'excellent téléfilm « Enquête sur une vie d'artiste » s'avère d'entrée de jeu charmant et ouvert et accepte devant un café de raconter son Gainsbourg, ou plutôt son Gainsbarre, qu'il a sans doute mieux connu que Gainsbourg et sur lequel il a fourni avec son téléfilm un fascinant document.
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John K & Stan Harrison


Au tour des anciens bassiste et saxophoniste de Serge Gainsbourg de se prêter (de bon gré) au jeu de l'interview ! Influencé par des pointures comme Jack Bruce, Paul McCartney, Jack Casady ou James Jamerson (de la Motown), John Kumnick, dit « John K » - à ses débuts dans le métier, il avait abrégé son nom pour des raisons de commodité -, a plus ou moins abandonné la musique, mais il n'en a pas pour autant tourné le dos à sa carrière, qui a été, comme on le constatera, très bien remplie. Vivant aujourd'hui à Portland, dans le Maine (où il dirige une petite entreprise), il ne joue plus que pour son plaisir, notamment avec son vieux complice Tony « Thunder » Smith, dont il est resté proche et qui a accepté de servir à distance d'intermédiaire pour cet entretien. Quelques jours plus tard, par effet d'enchaînement, c'est Stan Harrison qui répondra au téléphone depuis son studio d'enregistrement. Ses réponses se recoupant presque toutes avec celles de ses anciens collègues, on ne s'étonnera pas qu'il n'occupe qu'une petite place dans cette retranscription.
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Pierre Koralnik


La collaboration entre Serge Gainsbourg et Pierre Koralnik (qui ont été, précisons-le, des amis proches) a donné naissance à une des oeuvres audiovisuelles les plus marquantes des années soixante, à savoir la comédie musicale « Anna », véritable OVNI pelliculaire, qui n'a sans doute pas eu d'équivalent dans le patrimoine culturel de l'hexagone et qui a marqué plus d'un (télé)spectateur avec ses images et ses chansons, toutes très originales et novatrices pour l’époque. Depuis ce coup d’essai (et de maître), le réalisateur suisse né en France a gagné ses galons de cinéaste plus que d'avant-garde et il a même par la suite retravaillé avec Gainsbourg sur le film « Cannabis ». Il a ainsi très gentiment accepté de répondre pendant une heure à quelques questions, par téléphone.
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George Simms


Profitant d'un week-end passé à Paris lors de ses vacances d'été, l'Américain George Simms, ancien choriste de Serge Gainsbourg (en tandem avec son frère Steven), a très aimablement accepté une rencontre début août, après quelques échanges de coups de téléphone et d'e-mails au fil des jours. Originaire de Tulsa, Oklahoma, George est un globe-trotter invétéré qui vit depuis plusieurs années à Honolulu et ne travaille plus dans le music- ou show-business, bien qu'il assure encore occasionnellement des figurations dans des séries télévisées, qui représentent donc aujourd'hui son dernier vrai lien avec le milieu artistique. Esprit brillant (ô combien !), polyglotte (il connaît onze langues, dont le japonais, le russe et le grec), il assurera la plus grande partie de l'interview dans un très bon français, se livrant dès que nécessaire à des imitations hilarantes de Serge (« Ande dis iz Steve douingue « Marilou sous la neige », beuuh ! »), comme pour mieux appuyer ses déclarations. Et en prime, un lien vers la page de son site où il a mis des photos d'époque:
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Jean-Henri Meunier


Le cinéaste Jean-Henri Meunier, dont le dernier film, « Ici Najac, allô la Terre », a été chaleureusement accueilli par la critique et lui a même valu une nomination aux Césars 2007. Figurez-vous que trente ans avant, à ses débuts ou presque, il avait eu Serge Gainsbourg comme collaborateur sur « Aurais dû faire gaffe, le choc est terrible » et il a accepté de tout me raconter là-dessus.


C’est en 1977 que vous avez travaillé avec Gainsbourg sur votre film « Aurais dû faire gaffe, le choc est terrible ». Comment avez-vous fait sa connaissance ?
J’avais même pas vingt ans, j’avais aucune formation de cinéaste, j’apprenais en faisant, quoi. « Aurais dû faire gaffe, le choc est terrible » était mon deuxième long-métrage, qu’on avait tourné en huit jours en 16-mm noir et blanc et avec 4000 francs à tout casser. J’étais alors en train d’en finir le montage. J’adorais Serge et son œuvre, mais je ne le connaissais pas du tout et je voulais absolument une musique de lui pour ce film, parce que je trouvais que ça collait bien avec l’atmosphère, le sujet... Un jour, je me trouvais à l’Olympic Entrepôt, un cinéma qui défendait les films un peu « différents ». C’était Frédéric Mitterrand qui le dirigeait, il y avait passé mon premier long-métrage, « Dieu nu », et m’avait même donné 500 francs pour que je fasse ce deuxième film, pour lequel j’avais organisé une souscription. C’est lui qui m’a indiqué l’adresse de Gainsbourg et c’est comme ça qu’un matin, je me suis pointé rue de Verneuil. C’était vers midi, j’avais pas téléphoné avant, je suis venu comme ça, sans m’annoncer. C’est Jane qui m’a ouvert. Sur le pas de la porte, je lui ai expliqué que je voulais rencontrer Serge et pour quelle raisons, etc., et elle m’a dit que je pouvais entrer. Comme elle était en train de prendre un breakfast, elle m’a invité à le partager. Donc, en attendant que Serge se lève, on a pris le petit déj’ ensemble, on a papoté et je lui ai parlé de mon film. Elle était très gentille, très accueillante. Finalement, il devait être deux heures quand Serge est descendu, il avait encore la tête « quelque part ». Quand il m’a vu, il a dit : « Qui c’est, c’gamin ? » - d’ailleurs, à partir de ce moment-là, il m’a toujours appelé « gamin ». Je lui ai alors parlé de mon film, un peu intimidé, évidemment, et il m’a dit : « Pas de problème, gamin ! Quand est-ce qu’on peut le voir ? » On a donc fixé un rendez-vous.

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Helena Noguerra


Si la toujours belle et souriante Helena Noguerra, chanteuse, comédienne et présentatrice télé (et soeur cadette de Lio), n'a pas chanté de chanson originale de Serge Gainsbourg, elle a travaillé deux fois avec lui, la première ayant eu lieu en mars 1986 pour le clip de « Tes yeux noirs » du groupe Indochine, que Gainsbourg avait mis en scène. Témoignage exclusif pour Tdc sur le Gainsbourg réalisateur de vidéo-clips et de publicités et, accessoirement, directeur de jeunes actrices...


Aviez-vous rencontré Gainsbourg avant de travailler avec Indochine ?
Non. Je connaissais ses chansons, je l’avais vu en concert et à la télé et bien sûr, ma sœur m’avait parlé de lui. Elle m’avait notamment raconté les vacances qu’ils avaient passées ensemble, avec Bambou et Alain Chamfort, à Los Angeles, et les expériences qu'elle avait eues avec lui, mais elle ne me l’avait pas présenté.

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René Urtreger


Légendaire pianiste de jazz, adulé par ses pairs, René Urtreger (né en 1934) a été un des musiciens de Serge Gainsbourg en concert durant quelques mois, à partir de la fin 1964 jusqu'en avril 1965, mais même s'il a travaillé avec un nombre incalculable d'artistes autrement plus connus dans le monde (Miles Davis, Stan Getz, Chet Baker...), sa collaboration avec Gainsbourg lui a laissé de vifs souvenirs.


Avant de travailler pour Gainsbourg, écoutiez-vous ses chansons ?
Pas beaucoup, non. A l’époque, j’étais un vrai jazzman et les jazzmen étaient surtout concentrés sur ce qu’ils faisaient, pas sur ce qui se faisait autour, que ce soit d’ailleurs la musique que la peinture ou la politique, que sais-je... J'écoutais plus Georges Brassens. Il faut dire que le jazz est une musique très prenante, où chaque note compte : essayer de jouer la musique de Miles Davis ou de Charlie Parker, c’est pas rien du tout, croyez-moi.

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Tony "Thunder" Smith


Une fois ses deux mètres confortablement installés sur un canapé, Tony « Thunder » Smith allume lentement un petit cigare cubain avant de savourer un verre de Grand Marnier. Nous nous trouvons dans un salon de son hôtel, non loin de la place Vendôme. Il est presque une heure du matin et l’ancien batteur de Serge Gainsbourg vient juste de donner un concert mémorable au Palais des Congrès avec Lou Reed : il a une longue journée derrière lui, mais il a absolument tenu à faire cette interview, tant le souvenir de Gainsbourg lui est cher et tant il tient à le partager avec les fans.


Connaissiez-vous la musique de Serge Gainsbourg avant de jouer pour lui ?
Pas du tout. Je n’en avais même jamais entendu parler. Ce qui s’est passé, c’est que j’avais un ami bassiste, T.M. Stevens, qui devait passer une audition auprès du guitariste Billy Rush, qu’on avait alors chargé de mettre sur pied un groupe de scène pour un chanteur. C’était tout ce que je savais. A l’époque, T.M. et moi tenions un studio d’enregistrement à New York : je me trouvais là quand il s’est mis à jouer sur la cassette que Billy Rush lui avait remise. Je lui ai dit : « Waow ! Qu’est-ce que c’est ? C’est super-bien ! » et il m’a répondu : « C’est un chanteur français qui s’appelle Serge « Ginsberg » ou quelque chose comme ça… » Je lui ai alors demandé s’il pouvait me faire une copie de cette cassette, parce que j’aimais vraiment la musique qu’il y avait dessus et quand je lui ai demandé ce qu’il maquillait, il m’a dit qu’il devait passer une audition. Je lui ai donc dit : « Tu crois qu’il y aurait moyen que j’auditionne, moi aussi ? » et il m’a répondu : « Ecoute, je ne sais pas exactement de quoi il en retourne, mais je vais voir. Si quelqu’un se désiste, je suggèrerai ton nom et je suis sûr que le directeur musical sera content de te voir rappliquer. » Et le jour où les auditions ont eu lieu, j’ai reçu un coup de fil de T.M. : « Yo, man ! Le dernier batteur qui devait passer n’est pas venu, Billy Rush n’a trouvé personne jusqu’à présent et il veut t’écouter. » Donc, je me suis présenté : comme j’avais eu une copie de la cassette, j’avais pu apprendre entre temps toutes les parties de batterie, et ce n’était pas comme si j’avais été obligé de les apprendre, je m’étais mis à jouer dessus par plaisir, parce que j’aimais vraiment les chansons. En plus, T.M. et moi jouions ensemble depuis des années - nous avions même été dans un groupe qui avait fait la première partie des Jackson Five sur 58 dates de la tournée « Triumph » - et quand Billy Rush nous a entendus, au bout de deux ou trois morceaux, il était littéralement sur le cul et il nous a fait : « Stop ! Holy shit, ça, c’est une section rythmique ! Les gars, vous voulez le job ? Eh bien, vous l’avez ! » « Vous en êtes sûr ? » « Oui, oui, oui, absolument, pour ce qui est du salaire et du reste, voyez ça avec mon manager, mais une chose est sûre : je vous veux ! » Il nous a alors dit que Serge devait venir le lendemain et qu’on allait le rencontrer.

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Gary Georgett


Il a accompagné Serge Gainsbourg sur scène (à ce titre, il joue sur les albums live au Casino de Paris et au Zénith), ainsi qu'en studio, sur « You're Under Arrest », enregistrant aussi pour Charlotte Gainsbourg sur « Charlotte For Ever », pour Bambou sur « Made In China » et (ce qu'on sait moins) sur la B.O de « Stan The Flasher » et celle (inédite) de « Charlotte For Ever ». Ses talents d'arrangeur aussi plaisaient à Serge, à tel point qu'en 1991, c'est lui qui devait s'occuper de l'habillage musical de « Moi m'aime Bwana », l'album que Gainsbourg allait enregistrer à la Nouvelle-Orléans et qu'il n'a finalement pas pu faire. Retrouvé dans son New Jersey natal, Gary Georgett, l'ancien claviériste de Gainsbourg, a accepté avec enthousiasme d'accorder à votre serviteur une longue interview transatlantique par téléphone, répartie sur quatre journées à raison d'environ 45 minutes de discussion par séance.


Comme Billy Rush, tu viens du New Jersey. Jouais-tu avec lui dans le groupe de Southside Johnny ?
Non, j’avais fait quelques trucs pour Southside Johnny par ci, par là, mais je ne faisais pas partie de son groupe. En fait, question scène, avant de jouer pour Serge, je me produisais surtout dans les mariages ou les bar-mitzvahs ! Par contre, j’avais déjà bossé en studio pour Billy Rush, qui m’associait souvent à ses projets, comme des jingles publicitaires, par exemple. Je vivais alors à une vingtaine de minutes du House Of Music, le studio où Serge avait enregistré « Love On The Beat » : c’était un studio que Billy avait construit dans sa maison, à Belmar, au bord de la rivière Jersey.

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